{"id":29269,"date":"2011-10-26T10:19:06","date_gmt":"2011-10-26T10:19:06","guid":{"rendered":"https:\/\/drama.art\/?p=29269"},"modified":"2025-04-23T09:07:24","modified_gmt":"2025-04-23T09:07:24","slug":"preamble-how-i-met-leon-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/drama.art\/fr\/preamble-how-i-met-leon-11\/","title":{"rendered":"Le\u00f3n 11"},"content":{"rendered":"<p>La chose la plus importante est l'appareil photo. O\u00f9 vous la placez. L'angle que vous choisissez. La dur\u00e9e d'ouverture de l'obturateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je m'appelle Fran, Francisco Mateos Cano. Cette ann\u00e9e, j'ai d\u00e9cid\u00e9 de c\u00e9l\u00e9brer, avec mes coll\u00e8gues dramaturges, le dixi\u00e8me anniversaire de sa cr\u00e9ation. Vous pensez peut-\u00eatre qu'une \u00e9ph\u00e9m\u00e9ride est un fait objectif, sans marge de man\u0153uvre. Mais comme vous le verrez dans les chapitres suivants, l'histoire est diffuse et abstraite. Il faut \u00eatre attentif aux d\u00e9tails pour savoir si elle est n\u00e9e ici ou l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, cela fait dix ans que j'ai r\u00e9alis\u00e9 la premi\u00e8re image pour Nieto Sobejano. Mais il reste encore beaucoup de chemin \u00e0 parcourir.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes maintenant en 2010. Mai. Si vous me croisez \u00e0 l'\u00e9cole d'architecture de Madrid, vous verrez un personnage ambigu avec trop d'aspirations. Je n'ai pas encore abandonn\u00e9 l'id\u00e9e d'\u00eatre auteur-compositeur-interpr\u00e8te, d'o\u00f9 la veste en velours c\u00f4tel\u00e9. Je l'ai achet\u00e9e au march\u00e9 aux puces et, comme elle sentait mauvais, je l'ai lav\u00e9e \u00e0 la laverie de l'universit\u00e9. C'est pourquoi le pli arri\u00e8re forme une poche ridicule au niveau de la taille.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dois le dossier A3 et le sac \u00e0 dos plat \u00e0 mon espoir de devenir architecte. Je traverse le hall jusqu'\u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria et je retrouve Aurora.<\/p>\n\n\n\n<p>Aurora Herrera a \u00e9t\u00e9 mon professeur de projet la deuxi\u00e8me ann\u00e9e et a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 mon professeur l'ann\u00e9e derni\u00e8re. C'est une personne brillante, extravagante et puissante. Elle s'habille avec des tissus vaporeux et tridimensionnels. J'avais choisi sa chaire, celle de Justo Isasi, parce que Justo \u00e9tait le seul professeur qui savait enseigner les projets. Je ne veux pas dire que les autres \u00e9taient de mauvais professeurs. Surtout si vous vouliez faire la m\u00eame architecture qu'eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Justo \u00e9tait capable de s'asseoir en face de vous avec son regard insaisissable et g\u00e9n\u00e9reux, de regarder votre projet et de vous demander : \u201cQuel architecte veux-tu devenir quand tu seras grand ? Et \u00e0 partir de l\u00e0, il tra\u00e7ait des lignes et vous guidait dans les tours et d\u00e9tours les plus passionnants de votre espoir. Un professeur humble et magnifique. D'un c\u00f4t\u00e9, il y avait \u00c1ngel Borrego, dont nous parlerons plus tard, et de l'autre, Aurora, qui m'a toujours trait\u00e9 avec affection.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que j'aie toujours une attitude exigeante et solennelle, Aurora rit et me parle de Coderch et d'Utzon, elle me d\u00e9dramatise.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais nous sommes maintenant dans le couloir et Aurore m'attrape le bras. \u201cJe vais faire un quiz, j'ai besoin de toi\u201d. Je flotte et j'appelle mes parents qui sont partiellement excit\u00e9s parce que tous les parents pensent que leur enfant est sp\u00e9cial.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, je n'avais fait qu'aider mon ami Pedro dans le cadre d'un concours, et Pedro lui-m\u00eame m'avait appel\u00e9 pour collaborer avec un architecte de la vieille \u00e9cole \u00e0 la construction d'une maison pour personnes \u00e2g\u00e9es \u00e0 Mota del Cuervo.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviens que l'architecte m'avait promis de m'inviter \u00e0 manger des sushis dans le meilleur restaurant japonais de Tetu\u00e1n si le projet se d\u00e9roulait bien. Cette semaine-l\u00e0, j'ai pass\u00e9 toutes les nuits dans son studio m\u00e9tropolitain. Je me suis pr\u00e9cipit\u00e9 \u00e0 Metrovacesa. J'ai remis les plans, je suis retourn\u00e9 au studio et j'ai attendu son approbation sous forme de niguiri. Au lieu de cela, il m'a donn\u00e9 un ch\u00e8que de cent vingt euros pour deux semaines de travail, que j'ai d\u00e9pens\u00e9 en sortant pour un stylo Faber Castell.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais revenons \u00e0 Aurora, qui m'a convoqu\u00e9e dans son studio \u00e0 18 heures un mercredi soir. Je me regarde dans le miroir et je me r\u00e9jouis. Je quitte mon merveilleux petit studio de la rue Fuencarral pour me rendre \u00e0 Quintana. Le quartier ressemble \u00e0 tous les autres. Des cabines t\u00e9l\u00e9phoniques, des magasins de v\u00eatements et de fruits, des magasins de matelas. Je m'approche du premier et frappe \u00e0 la porte. Une fille d'\u00e2ge moyen ouvre la porte et me regarde comme si j'\u00e9tais un chat sur la route. Elle me dit d'attendre dans une grande salle de r\u00e9union lumineuse au fond. Il y a un chien perch\u00e9 sur un beau canap\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une heure passe et je suis toujours seule \u00e0 dessiner des absurdit\u00e9s dans mon tout nouveau Moleskine. Le chien me regarde d'un air d\u00e9fiant. Au bout d'un moment, deux gar\u00e7ons arrivent. Javi, qui se pr\u00e9sente, est tr\u00e8s mince et a des yeux bleus \u00e9lectriques. Il respire l'insouciance et la joie de vivre. A c\u00f4t\u00e9 de lui, Manolo, fait preuve d'une arm\u00e9e de charisme. La salle se remplit.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous attendons ensemble Aurora pendant un certain temps. Je me sens comme un intrus mais je sors le meilleur de mon r\u00e9pertoire pour suivre les deux \u00e9trangers. Cela m'amuse de ne pas me sentir \u00e0 ma place. Comment ai-je pu penser que ces deux gar\u00e7ons en face de moi allaient changer ma vie pour toujours. Aurora appara\u00eet \u00e0 travers la porte.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle fait le tour de la pi\u00e8ce, d\u00e9posant sacs et plans. Elle ne laisse pas un seul centim\u00e8tre cube \u00e0 d\u00e9couvert. Elle ressemble au diable de Tasmanie. Elle s'assoit, me fait un clin d'\u0153il : Voici Fran, ma collaboratrice. Fran, voici Javi et Manolo. <strong>De Le\u00f3n 11.<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The most important thing is the camera. Where you put it. What angle you choose. How long you leave the shutter open. My name is Fran, Francisco Mateos Cano. And this year I have decided, together with my drama colleagues, to celebrate the tenth anniversary of its foundation. 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